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AU COEUR DE L'ART

 

Comprendre l’objet de notre association, c’est d’abord comprendre en quoi consistent l’art contemporain et l’art moderne.

 

L'Art moderne

Si l’on s’en tient à l’histoire de l’art on peut définir l’art moderne comme celui qui se développe de la fin du XIXe siècle à la fin de la deuxième guerre mondiale. C’est à cette date que les historiens ouvrent la période de l’art contemporain. Mais si ces définitions introduisent une certaine clarté qui facilite l’appréhension de ces deux courants artistiques, elles sont loin de couvrir l’ensemble des problématiques relatives à la nature de ces courants.

Les limites chronologiques, nous le verrons, sont floues, car éminemment relatives. En effet, s’il parait facile de délimiter l’art moderne en ce qu’il recouvre une rupture avec l’art ancien, la définition de l’art contemporain, plus multiforme, nécessite le recours à d’autres notions. De plus, on retrouve les précurseurs de l’art contemporain au sein des artistes modernes. Enfin, chaque courant recouvre des expressions artistiques très différentes et peuvent parfois faire douter de l’unité de la période. C’est la raison pour laquelle les dates qui expriment la naissance des deux courants restent contingentes.

 

Les origines de l'art moderne

D’une façon quasi unanime, on fait en général remonter l’origine de l’art moderne aux Impressionnismes et à Cézanne (1839-1906).

Les premiers pas vers l’art moderne sont accomplis par les Impressionnistes, très influencés par Édouard Manet dans les années 1870.

Gaëtan Picon écrit notamment : « Avec le Salon des Refusés qui, en 1863, à Paris, fait face au Salon officiel, un âge nouveau commence : celui de l'impressionnisme et, au-delà, de l'art moderne tel que nous le vivons encore. Pour la première fois apparaît nettement l'opposition - qui ne cessera plus - entre un art mainteneur de conventions et un art d'invention permanente. Héros du Salon des Refusés, Manet représente avec éclat cet art nouveau fondé non plus sur ce qu'on sait ou imagine, mais sur ce que l'on voit. Art accusateur de la société bourgeoise, dénonçant ses mensonges et ses silences, participant néanmoins de sa vérité - puisqu'elle ne croit, comme lui, qu'au réel. Vers 1863, à Paris... Heure d'un accord, d'un espoir dont nous sommes encore émerveillés.» (Gaëtan Picon : 1863 Naissance de la peinture moderne).

 

Une rupture avec l'art classique

L'art moderne se caractérise par une rupture avec les canons de l'art classique. Cela se traduit non seulement par le rejet des normes édictées par l’Académie, mais également par une nouvelle manière de peindre. L'utilisation de couleurs non-mélangées et la peinture par touches juxtaposées en sont des exemples.

Ce rejet de la peinture classique ouvrira la voie à des peintres tels que Cézanne, Gauguin et Van Gogh, puis au cubisme, mouvement qui canalisera tout l'art du XXe siècle.

Contrairement aux Classiques qui avaient introduit dans leurs œuvres la troisième dimension par des procédés bien rodés tels que la perspective linéaire, le clair-obscur, les peintres modernes omettent la représentation de la troisième dimension. Cézanne par exemple construisait ses tableaux par la couleur, et non par la lumière. Chaque « plan » du tableau devient manifeste par la seule couleur.

 

La suggestion, autre révolution majeure

Cette révolution dans la façon de représenter l´espace est accompagnée d´une autre innovation majeure : la figuration des objets n´est plus obtenue par le modelé « réaliste » de la peinture classique, ni par un ensemble d´impressions, comme chez les impressionnistes, mais par une suggestion. L´objet n´est finalement plus « représenté » par Cézanne, mais « signifié », à partir d´indices fragmentaires, et si des effets de déformation apparaissent dans la présentation de cet objet, c´est que celle-ci est imposée par la structure spatiale elle-même.

 

Trois étapes essentielles

Les mouvements qui se développent jusqu’à la deuxième guerre mondiale sont nombreux. On peut retenir au travers de ces mouvements trois étapes essentielles.

  • La première qui regroupe le cubisme et le futurisme a joué un grand rôle dans l’invention d’une nouvelle écriture picturale.

 

  • Le deuxième courant est constitué du mouvement Dada et du Surréalisme . L’inventivité et la fantaisie du surréalisme eurent notamment une influence importante, qui marqua l’entre deux guerre, puis la peinture américaine.

 

  • Enfin la troisième période est marquée par l’émergence de l’abstraction. La peinture abstraite est celle qui cherche à rompre définitivement avec la figuration, bref avec la volonté de représenter le réel ou des éléments de celui-ci au sein d´une composition « réaliste » ou « antiréaliste ». Replacée dans une continuité de l´histoire de la peinture, l´abstraction peut être tenue pour une décantation de la figuration ; comme « rupture », elle serait alors une nouvelle ère absolument nouvelle pour la peinture. Ne demeurent plus que des « couleurs et des formes » pour reprendre les mots de Kandinsky, qui fut un des premiers peintres abstraits.

 

Chronologie des mouvements et artistes de l'art moderne

Avant 1914

Impressionnisme : Claude Monet, Auguste Renoir, Alfred Sisley

Postimpressionnisme :Paul Gauguin, Georges Seurat, Henri de Toulouse-Lautrec

Art nouveau : Gustav Klimt, Alfons Mucha

Fauvisme : André Derain, Henri Matisse, Maurice de Vlaminck

Cubisme :Georges Braque, Juan Gris, Fernand Léger, Pablo Picasso

Futurisme : Giacomo Balla, Umberto Boccioni, Carlo Carrà

Expressionnisme : Ernst Ludwig Kirchner, James Ensor, Oskar Kokoschka, Edvard Munch

Abstraction : Vassily Kandinsky, Kasimir Malevitch

De Stijl (début en 1917) : Piet Mondrian, Theo van Doesburg

 

L'entre-deux-guerres

Bauhaus : Vassily Kandinsky, Paul Klee

Constructivisme : Naum Gabo, László Moholy-Nagy

Dada : Jean Arp, Marcel Duchamp, Max Ernst, Francis Picabia, Kurt Schwitters

Expressionnisme : Georges Gimel

Surréalisme : Salvador Dalí, Max Ernst, René Magritte, André Masson, Joan Miró

Nouvelle Objectivité (« Neue Sachlichkeit ») : Max Beckmann, Otto Dix, George Grosz

Figuratifs : Bernard Buffet, Jean Carzou, Yves Brayer, Maurice Boitel, Serge Fiorio, Pierre-Henry, Daniel du Janerand, Antoine Martinez, Alice Martinez-Richter Jean Monneret, Gaston Sébire, Louis Vuillermoz

Non figuration : Jean Bazaine, Maurice Estève, Jean Le Moal, Alfred Manessier

Art brut : Jean Dubuffet, Gaston Chaissac.

Brigitte FERRARI